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“Any reproduction, even partial, by screenshot or image recording is strictly prohibited in accordance with intellectual property laws. Any violation will result in immediate penalties.”
Cambodge : L’éclat d’une enfance entre les pierres et le ciel.
Il est des voyages dont on revient, et d’autres que l’on continue de porter en soi, bien après avoir rangé son boîtier. Pour moi, le Cambodge n’a pas été une simple destination, mais une véritable rencontre photographique et humaine. C’est mon pays “coup de cœur”, celui où la lumière semble avoir une texture différente et où chaque regard raconte une histoire séculaire.
En parcourant les sentiers de terre ocre, des rives du Tonlé Sap aux ombres majestueuses des temples d’Angkor, mon objectif a sans cesse été attiré par une force magnétique : sa jeunesse.
Photographier les enfants du Cambodge, c’est tenter de capturer l’insaisissable. C’est ce mélange unique de résilience profonde et de joie pure, ce contraste entre la douceur d’un sourire et la rudesse d’un quotidien souvent modeste. À travers cette série de clichés, je ne voulais pas seulement montrer des visages, mais témoigner de cette étincelle de vie qui anime le “Royaume Enchanté”.
Je vous invite aujourd’hui à découvrir ces regards qui m’ont tant appris sur l’essentiel. Voici le Cambodge tel que je l’ai vu, tel que je l’ai aimé : vibrant, sincère et infiniment vivant.
Cambodia: The Splendor of Childhood Between Stone and Sky.
There are journeys from which we return, and others that we carry within us, long after we’ve put away our cameras. For me, Cambodia was not simply a destination, but a true photographic and human encounter. It is my favorite country, one where the light seems to have a different texture and where every glance tells a centuries-old story. Wandering the ochre-colored paths, from the banks of the Tonlé Sap to the majestic shadows of the temples of Angkor, my lens was constantly drawn to a magnetic force: its youth. Photographing the children of Cambodia is an attempt to capture the elusive. It is this unique blend of profound resilience and pure joy, this contrast between the sweetness of a smile and the harshness of an often modest daily life. Through this series of photographs, I didn’t just want to show faces, but to bear witness to this spark of life that animates the “Enchanted Kingdom.” Today, I invite you to discover these perspectives that have taught me so much about what truly matters. This is Cambodia as I saw it, as I loved it: vibrant, sincere, and infinitely alive.
INTENSE
INNOCENCE
COMPLICE
HISTOIRE
MONDULKIRI
LES ENFANTS OUBLIÉS
THE FORGOTTEN CHILDREN
Parmi mes voyages, celui de 2016 reste gravé comme une parenthèse à part, une immersion brute au cœur des terres rouges du Mondulkiri. C'est là, guidée par Win, que j'ai vécu l'une de mes rencontres les plus marquantes en tant que photographe. Win ne s'est pas contenté de nous montrer le chemin ; il nous a ouvert les portes de son intimité en nous présentant sa famille. Un échange au-delà des mots Le contact s'est noué avec une simplicité désarmante. Je me souviens des enfants, leurs mains agiles tressant des fleurs avec des feuilles de palmier pour me les offrir. Un présent éphémère, mais d'une délicatesse absolue. Pour les jeunes filles, j'étais une apparition singulière. Ma blondeur et mon appareil photo agissaient comme des aimants, mêlant la timidité à une curiosité débordante. Elles observaient mon boîtier, ce troisième œil qui tentait de capturer la pureté de l'instant, tandis que je cherchais à saisir la lumière dans leurs pupilles. La cahute et l'orage Puis, la pluie tropicale s'est invitée, nous forçant à nous réfugier tous ensemble dans l'étroitesse d'une petite cahute. Dans cet abri de fortune, le temps s'est dilaté. C'est là, dans la pénombre protectrice, que j'ai pris conscience du contraste saisissant de leur vie. Si le dénuement et les marques de la pauvreté sont visibles, ils sont totalement éclipsés par une richesse intérieure que nous avons parfois oubliée : celle d'une innocence intacte. Leur sourire n'est pas une façade, c'est leur manière d'être au monde. Ils vivent simplement, au rythme de l'essentiel, et cette leçon d'humanité reste, aujourd'hui encore, l'un de mes plus beaux clichés de voyage.
Of all my travels, the 2016 trip remains etched in my memory as a unique interlude, a raw immersion in the heart of the red earth of Mondulkiri. It was there, guided by Win, that I experienced one of my most significant encounters as a photographer.
Win didn’t just show us the way; he opened the doors to his world by introducing us to his family.
An exchange beyond words. The connection was made with disarming simplicity. I remember the children, their nimble hands weaving flowers from palm leaves to offer me. A fleeting gift, but one of absolute delicacy.
For the young girls, I was a singular apparition. My blond hair and my camera acted like magnets, blending shyness with boundless curiosity. They watched my camera, this third eye trying to capture the purity of the moment, while I sought to capture the light in their pupils.
The Shack and the Storm
Then, the tropical rain arrived, forcing us all to take refuge together in the cramped confines of a small shack. In this makeshift shelter, time seemed to stretch out.
It was there, in the protective twilight, that I became aware of the striking contrast in their lives. While their destitution and the marks of poverty are visible, they are completely overshadowed by an inner richness we sometimes forget: that of an unspoiled innocence. Their smiles are not a facade; they are their way of being in the world. They live simply, at the pace of what is essential, and this lesson in humanity remains, even today, one of my most beautiful travel photographs.
Les Bunongs : Gardiens des Terres Hautes
The Bunongs: Guardians of the Highlands
Photographier les Bunongs, c'est entrer dans l'histoire de la "Terre Rouge". Ce peuple autochtone, l'un des plus anciens du Cambodge, habite les plateaux du Mondulkiri depuis des millénaires. On les appelle souvent les "Montagnards", mais eux se définissent avant tout par leur lien sacré avec la nature.
Pour les Bunongs, la forêt n'est pas qu'un décor ; c'est un être vivant, peuplé d'esprits. Leur spiritualité est animiste : chaque arbre, chaque source a une âme. Historiquement, ce sont de grands maîtres d'éléphants, vivant en harmonie avec ces géants de la jungle qu'ils considèrent comme des membres de leur propre famille.
Leur habitat traditionnel, ces maisons "en dos de tortue" qui touchent presque le sol, témoigne d'une adaptation parfaite à leur environnement. Ils vivent de l'agriculture ancestrale, du tissage et de la récolte de ce que la forêt leur offre.
L'histoire des Bunongs est aussi celle d'une résistance silencieuse. Longtemps isolés par le relief du Mondulkiri, ils font aujourd'hui face aux défis du monde moderne : la déforestation et la pression sur leurs terres ancestrales. Pourtant, malgré ces bouleversements, l'essence de leur identité reste intacte.
C'est cette histoire que j'ai vue briller dans les yeux des enfants que Win m'a présentés. En les regardant tresser ces feuilles de palmier avec une telle aisance, j'ai compris qu'ils étaient les dépositaires d'un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, sans avoir besoin de livres.
Leur richesse ne se compte pas en possessions, mais en traditions. Photographier la jeunesse Bunong, c'est capturer le visage d'un peuple qui, malgré les épreuves du temps, continue de cultiver l'innocence et le respect de la terre.
Photographing the Bunong people is like stepping into the history of the “Red Earth.” This indigenous group, one of the oldest in Cambodia, has inhabited the Mondulkiri plateau for millennia. They are often called “Highlanders,” but they define themselves primarily by their sacred connection to nature.
For the Bunong, the forest is not just a backdrop; it is a living being, populated by spirits. Their spirituality is animistic: every tree, every spring has a soul. Historically, they are great elephant masters, living in harmony with these giants of the jungle, whom they consider members of their own family. Their traditional dwellings, these “turtleback” houses that almost touch the ground, testify to a perfect adaptation to their environment. They live from ancestral agriculture, weaving, and harvesting what the forest provides.
The history of the Bunong people is also one of silent resistance. Long isolated by the rugged terrain of Mondulkiri, they now face the challenges of the modern world: deforestation and pressure on their ancestral lands. Yet, despite these upheavals, the essence of their identity remains intact. It was this story that I saw shining in the eyes of the children Win introduced me to. Watching them weave palm leaves with such ease, I understood that they were the custodians of a skill passed down from generation to generation, without the need for books.
Their wealth is not measured in possessions, but in traditions. Photographing Bunong youth is to capture the face of a people who, despite the trials of time, continue to cultivate innocence and respect for the land.
ANGKOR
Angkor : Plus qu’un voyage, une vie partagée
Angkor: More than a journey, a shared life
Si le Mondulkiri fut une révélation, Angkor est le lieu de mon ancrage. Il y a plus de dix ans, lors de mon tout premier voyage, mon objectif a croisé le chemin de deux jeunes Khmers : Rithy et Sangha à Sra Srang. Ce qui ne devait être qu'un portrait de voyage s’est transformé en une histoire de vie. Depuis cette rencontre, un lien indéfectible s'est tissé. À chaque retour au Cambodge, mes pas me ramènent inévitablement vers eux. J'ai vu ces enfants grandir, et avec le temps, je suis devenue le témoin privilégié de leur évolution. Plus que de simples photos, j’ai voulu leur offrir des perspectives. En finançant leur scolarité à l’école internationale anglaise, j’ai tenté de leur donner les clés d’un avenir qu’ils choisiraient eux-mêmes. Mais en réalité, c’est eux qui m’ont le plus apporté. Des instants suspendus dans la pierre Mes souvenirs avec Rithy sont une mosaïque d’émotions simples et pures : Des parties de cache-cache mémorables au milieu des racines séculaires et des pierres sculptées des temples. De longues balades en tuk-tuk, les cheveux au vent, à refaire le monde sans forcément parler la même langue. Et surtout, ces silences, ces regards échangés et ces moments de présence pure qui valent bien plus que n'importe quel discours. La générosité du peu Au-delà des garçons, c’est toute une famille qui m'a adoptée. Je reste à chaque fois bouleversée par l’accueil de la grand-mère, une femme d’une générosité immense qui, malgré la simplicité de son quotidien, offre tout ce qu'elle possède avec un sourire qui vient de l'âme. Chaque fois que je reviens, les bras chargés de petites attentions, je réalise que la véritable magie de Sra Srang ne réside pas seulement dans ses bas-reliefs, mais dans la fidélité de ces cœurs. En tant que photographe, documenter leur vie sur plus d'une décennie est le plus beau projet de ma carrière : celui de l'amitié et de la transmission.
If Mondulkiri was a revelation, Angkor is where I’m rooted. Over ten years ago, on my very first trip, my lens crossed paths with two young Khmer children: Rithy and Sangha in Sra Srang. What was meant to be just a travel portrait transformed into a life story.
Since that encounter, an unbreakable bond has been forged. Every time I return to Cambodia, my steps inevitably lead me back to them. I’ve watched these children grow up, and over time, I’ve become a privileged witness to their development.
More than just photos, I wanted to offer them opportunities. By financing their education at the English international school, I tried to give them the keys to a future they would choose for themselves. But in reality, it’s they who have given me the most.Moments Suspended in Stone
My memories with Rithy are a mosaic of simple and pure emotions : Memorable games of hide-and-seek amidst the ancient roots and sculpted stones of the temples.
Long tuk-tuk rides, hair blowing in the wind, putting the world to rights without necessarily speaking the same language. And above all, those silences, those exchanged glances, and those moments of pure presence that are worth far more than any words. The Generosity of Little
Beyond the boys, it’s an entire family that has adopted me. I am always deeply moved by the grandmother’s welcome, a woman of immense generosity who, despite the simplicity of her daily life, offers everything she has with a smile that comes from the heart.
Each time I return, my arms laden with small tokens of appreciation, I realize that the true magic of Sra Srang lies not only in its bas-reliefs, but in the loyalty of its people. As a photographer, documenting their lives over more than a decade has been the most beautiful project of my career: a testament to friendship and the passing on of traditions.
« Il est des rencontres qui ne sont pas des parenthèses, mais des ponts jetés pour toujours entre deux âmes. Un lien sacré ne se mesure pas au sang versé, mais aux sourires partagés et à la fidélité des regards à travers le temps. »
« La photographie capture l'instant, mais seul le cœur capture le lien. Entre l'objectif et le sujet, il existe un fil invisible que ni les années ni les départs ne sauraient briser. »
"Some encounters are not mere interludes, but bridges built forever between two souls. A sacred bond is not measured by blood shed, but by shared smiles and the faithfulness of glances through time."
"Photography captures the moment, but only the heart captures the connection. Between the lens and the subject, there is an invisible thread that neither years nor departures can break."
CAMBODGE
Regards du Cambodge : Les Héritiers du Sourire et de la Mémoire
Cambodian Perspectives: Heirs of Smiles and Memory
Du sel de Kampot aux eaux turquoise de Koh Rong, des ports animés de Sihanoukville aux pierres millénaires d'Angkor, le Cambodge se lit sur le visage de sa jeunesse. Traverser le pays, c’est rencontrer une multitude de regards qui racontent chacun une histoire différente. À l'ombre des temples, un enfant affiche un sourire surpris devant l'immensité des bas-reliefs ; sur une plage, un autre laisse paraître une moue triste ou pensive face à l'horizon ; ailleurs, des éclats de rire heureux s'élèvent des rizières lors d'une fin de journée d'école. Ces enfants sont bien plus que l'avenir d'une nation ; ils sont les héritiers directs d'une génération qui a connu l'indicible sous le régime des Khmers rouges. Dans leurs yeux, la résilience a remplacé la douleur de leurs aînés. Ils portent en eux cette force tranquille, cette capacité à s'émerveiller et à reconstruire, faisant vibrer le pays d'une énergie nouvelle. Entre tradition et modernité, ces visages gravés par le soleil et le vent sont le plus beau témoignage d'un Cambodge debout, fier et intensément vivant.
From the salt flats of Kampot to the turquoise waters of Koh Rong, from the bustling ports of Sihanoukville to the ancient stones of Angkor, Cambodia is reflected in the faces of its youth.
Traveling across the country means encountering a multitude of gazes, each telling a different story. In the shadow of temples, a child smiles in surprise at the immensity of the bas-reliefs; on a beach, another wears a sad or pensive expression as they gaze at the horizon; elsewhere, bursts of joyful laughter rise from the rice paddies at the end of the school day.
These children are much more than the future of a nation; they are the direct heirs of a generation that experienced unspeakable horrors under the Khmer Rouge regime. In their eyes, resilience has replaced the pain of their elders. They carry within them this quiet strength, this capacity for wonder and rebuilding, infusing the country with a new energy. Between tradition and modernity, these faces etched by the sun and the wind are the most beautiful testimony of a Cambodia that stands tall, proud and intensely alive.
Le Serment des Regards : Ma Mission au Cœur du Cambodge
The Oath of Gazes: My Mission in the Heart of Cambodia
Il est des appels que l’on ne peut ignorer, des évidences qui s’imposent à l’esprit comme une boussole intérieure. Pour moi, cet appel porte les traits des enfants du Cambodge. De la poussière dorée d’Angkor aux embruns de Sihanoukville, je sens, au plus profond de moi, que mon chemin de vie est irrémédiablement lié à cette terre et à ses héritiers.
Ma mission est une promesse de mémoire et de lumière : retranscrire, avec toute la pudeur et le respect requis, la beauté d’une culture millénaire qui a su rester debout. Chaque visage que je croise est un livre ouvert. Certains sont illuminés par la joie pure de l’enfance, d’autres portent, dans le reflet de leurs pupilles, l’ombre silencieuse d’un passé meurtri par les Khmers rouges. Immortaliser ces regards, c’est refuser l’oubli. C’est dire au monde que la vie a triomphé, que la résilience a un visage, et que la dignité de ce peuple est inaltérable.
Il ne se passe pas un jour sans que mes pensées ne s’envolent vers Kampot ou les sentiers de Sra Srang. Ces enfants ne sont pas seulement des sujets que j’observe ; ils sont le moteur de ma quête, la raison pour laquelle je reste convaincu qu’une place m’attend là-bas.
Je ne cherche pas seulement à prendre des photos ou à écrire des récits ; je cherche à honorer un lien invisible qui m’unit à eux. Capturer un sourire surpris ou une expression pensive, c’est offrir un miroir à cette nouvelle génération pour qu’elle voie sa propre force. C’est ma raison d’être, mon itinéraire tracé : être le témoin humble et passionné de cette renaissance, un visage à la fois.
There are calls that cannot be ignored, truths that impose themselves on the mind like an inner compass. For me, this call bears the features of the children of Cambodia. From the golden dust of Angkor to the sea spray of Sihanoukville, I feel, deep within, that my life’s path is irrevocably linked to this land and its descendants.
My mission is a promise of memory and light: to transcribe, with all due modesty and respect, the beauty of a millennia-old culture that has stood strong. Every face I encounter is an open book. Some are illuminated by the pure joy of childhood, others bear, in the reflection of their pupils, the silent shadow of a past scarred by the Khmer Rouge. To immortalize these gazes is to refuse oblivion. It is to tell the world that life has triumphed, that resilience has a face, and that the dignity of this people is unshakeable.
Not a day goes by that my thoughts don’t drift to Kampot or the trails of Sra Srang. These children aren’t just subjects I observe; they are the driving force behind my quest, the reason I remain convinced that a place awaits me there.
I’m not simply looking to take photographs or write stories; I’m seeking to honor an invisible bond that connects me to them. Capturing a surprised smile or a pensive expression is to offer a mirror to this new generation so they can see their own strength. This is my purpose, my chosen path: to be the humble and passionate witness to this rebirth, one face at a time.
« Chaque matin, nous naissons à nouveau. Ce que nous faisons aujourd'hui est ce qui importe le plus. » — Bouddha
“Every morning we are born anew. What we do today is what matters most.” — Buddha
TO BE OR NOT TO BE
Shakespeare
